Comment rater son entrée sur Twitter ?

Un article de Marlène Schiappa


Vous hésitez à vous inscrire sur Twitter. Mais vous craignez de passer inaperçu et de ne pas vous faire jeter dehors comme Frédéric Lefebvre… Pas de panique : nous avons demandé à deux experts de Twitter comment vous pouvez, vous aussi, rater votre entrée sur Twitter. Ils répondent à Papa Travaille et MSN Finances…

Pour Jean-Baptiste Roger, conseiller aux nouvelles technologies auprès de Jean-Paul Huchon (Président du Conseil Régional d’Ile de France) et initiateur entre autres de La Cantine, deux raisons expliquent l’accueil glacial réservé à Frédéric Lefevre : « D’abord la sociologie des “Twitterers” en France. Alors que Facebook est devenu un réseau social de masse, qui concerne des millions d’internautes, Twitter en France est sur une logique originale. Pour faire simple, Twitter est un réseau social beaucoup plus restreint qui regroupe les internautes les plus actifs et les plus “conscientisés” que ce soit en matière de TIC, où même politiquement. Sur une logique assez « happy few ».

Alors, les Twitterers sont-ils de dangereux activistes du net, prompts à lyncher qui bon leur semble ? Pas forcément : d’autres politiques, de droite comme de gauche (NKM, Anne Hidalgo…) animent leur compte Twitter sans recevoir, ou presque, d’attaques ou de spam. « Frédéric Lefebvre est un homme politique spécifique, qui a un rôle bien déterminé dans l’appareil de l’UMP. Il est un « aboyeur », qui, par provocations et polémiques est chargé de rassurer le cœur de l’électorat de droite. A ce titre, à propos d’Internet, les provocations ont été nombreuses et il existe des dizaines de compilations de ses dérapages sur cette question. Il était évident que l’arrivée tonitruante de Frédéric Lefebvre sur ce média allait créer une réaction. » analyse Jean-Baptiste Roger.

Une analyse partagée mot pour mot par François de Rochebouët, aka MrBoo : co-fondateur du site http://www.hellotipi.com ou de ViedeMome.fr, fondateur de Newea et AutoFF, il confirme que Frédéric Lefevre a appliqué « le principe de marketing, formalisé (entre autre) par Seth Godin : la vache pourpre.
Pour résumer, il s’agit d’être remarquable, à tout prix : Si vous dites des choses insipides, vous ne serez ni détesté, ni adulé. » Twitter serait donc un bon moyen de faire sa com’… en se faisant haïr. « En provoquant (http://bit.ly/7sol46) une communauté qui lui est majoritairement défavorable (notamment à cause de la loi Hadopi) Frédéric Lefebvre déclenche un buzz négatif autour de sa personne. Cette médiatisation lui permet de fédérer les quelques personnes qui lui sont favorables et qui sinon n’auraient pas entendu parler de son compte Twitter » souligne François de Rochebouët. Et le résultat ne s’est pas fait attendre : alors que sur son premier compte, F. Lefevre était listé comme « sale gueule », « pédophile », « moches », et d’autres qualificatifs peu amicaux, son nouveau compte est plus sérieusement listé comme « politique », « personnalités », « blogueurs gouvernement », etc. par les 1800 et quelques utilisateurs de Twitter qui le suivent.

Pour autant, François de Rochebouët précise que l’impact de Twitter ne doit pas être surestimé : « La vitesse de propagation et la forte capacité de résonnance de Twitter donne le sentiment qu’un “lynchage” y est plus facile qu’ailleurs, il ne faut pas oublier que l’oubli y est aussi plus rapide.
Le vrai danger pour un buzz négatif c’est que Twitter serve de tremplin vers les autres supports (tels que les médias) moins réactifs mais beaucoup plus pérennes. » Et inversement, comme le souligne Jean-Baptiste Roger : « Beaucoup d’internautes considèrent que Frédéric Lefebvre est constamment présent sur les médias traditionnels (Radios, télés, presse papier…). Son débarquement dans le grand salon de conversation qu’est Twitter a été vécu comme envahissant. Sur le mode :” ah non, pas ici aussi”»

Donc, si vous voulez vous aussi rater votre entrée, voici nos 3 conseils :

1 - Choisissez un fond d’écran invasif et partisan, surtout pas personnel, labellisé « officiel », du type énorme logo d’un parti politique si vous en êtes porte-parole, ou celui de votre employeur si vous êtes chargé de communication.
2 - Installez un flux automatique et ne postez jamais rien vous-même.
3 - Auto congratulez-vous, retwittez ce que vous avez déjà twitté en ajoutant des « +1 » ou pire, des « lol », et transférez à tous vos contacts les noms des utilisateurs qui vous recommandent.

Et les 3 conseils de nos experts :

3 conseils pour rater son entrée sur Twitter, par Jean-Baptiste Roger :
1 - Ne pas tenter de comprendre ce qu’est Twitter et plus largement ce qu’Internet a changé dans le rapport citoyens-internautes/responsables politiques.
2 - Ne parler que de soi. Parler sans réagir, ne pas suivre suffisamment d’autres participants, ne jamais retransférer, ni répondre. Twitter c’est aussi s’enrichir de ce qu’écrivent les autres.
3 - Adopter une « langue de bois » incompatible avec ce qu’est ce média. Il faut aussi montrer ce que l’on est, hors des stratégies de com’.

3 conseils pour rater son entrée sur Twitter, par François de Rochebouët :
1 - Choisir un pseudonyme long et compliqué à retenir, ne pas mettre sa photo, mettre une bio creuse.
2 - Ne pas poster de contenu, ou uniquement du contenu sans intérêt.
3 - Ne s’adresser à personne et ne jamais répondre.

A vous de jouer, quand vous aurez bien raté votre entrée, envoyez-nous les liens qu’on puisse suivre ça en direct. A très vite !

©Papatravaille.fr

http://finances.fr.msn.com/communaute/article.aspx?cp-documentid=152081791

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